Lilian Arlen est née à Vienne en 1905. Elle commence très tôt à prendre des cours de danse classique et rencontre très vite les maîtres qui auront une influence déterminante sur le développement de sa méthode.

Vienne est alors un des grands centres de la création de la danse moderne. Lilian Arlen travaille avec Toni Birkmeyer, partenaire de Grete Wiesenthal,   Gertrud Bodenwieser, et suit les cours de la fameuse école de Hellerau-Laxenburg, laboratoire des idées nouvelles sur le travail corporel (méthodes de   Dalcroze, Bode et Laban) . Elle a pour professeur de yoga Max Thun-Hohenstein, esprit profondément original qui a fait des recherches sur le mouvement des   animaux pour mieux comprendre ce que doit être le mouvement naturel de l'être humain.

Elle entre dans la compagnie de Gertrud Bodenwieser puis dansera en donnant des récitals à travers l'Europe tout en continuant un entraînement classique auprès de Viktor Gsovsky.

Son enseignement était à l'origine destiné à des danseurs classiques ou modernes. Il est basé sur la rigueur et la précision du placement de la danse classique, la liberté et la fluidité de la danse moderne et l'intériorisation du yoga. Le travail physique   est exigeant en particulier lorsque sont utilisés   l'espalier et le « dosseret » . Mais cette exigence est peut-être la moindre : « c'est au plus profond de son être , a-t-elle écrit,  que le danseur trouve l'origine de chaque mouvement et non seulement dans sa parfaite maîtrise musculaire ».

 

J'ai commencé à travailler avec Lilian Arlen à 22 ans en n'étant ni danseur ni sportif mais tout simplement émerveillé par son génie et la cohérence et l'inventivité sans bornes de son enseignement. Je suis devenu son assistant après quelques années et elle m'a confié son école un an avant sa mort en 1990. C'est une responsabilité qui intimide mais que l'on accepte avec joie et inconscience car le maître est là pour vous guider. Quand il n'est plus là, l'on s'aperçoit que la mémoire ou la répétition   ne suffisent pas : il faut refaire le chemin par soi-même pour retrouver l'essence de l'enseignement reçu.  

 

J'ai eu la chance de faire par la suite trois rencontres qui m'ont permis de mieux comprendre ce que Lilian Arlen a voulu me transmettre.

La première a été la pratique des arts martiaux chinois enseignés par Mr Chuang, qui demeure maintenant à Taïwan, puis par Mr Wong, qui est toujours mon très patient et vénéré professeur. Cela m'a fait mieux comprendre que tout est mouvement et fluidité.

  La seconde a été celle de la « Coordination Motrice » que m'a enseignée Marie-Madeleine Béziers, qui a créé cette méthode avec Suzanne Piret. Toutes deux étaient kinésithérapeutes et psychomotriciennes. Je ne peux que recommander la lecture de leur livre du même nom, publié aux éditions Peeters, qui a pour moi   été du domaine de la révélation. La coordination motrice m'a en quelque sorte servi de grammaire pour mieux comprendre la vérité des mouvements. En partant de l'anatomie et de la physiologie, elle montre l'organisation fondamentale de la forme et du mouvement du corps humain basée sur la conjonction de deux systèmes d'organisation : le système droit et le système croisé. M.M. Béziers disait ce qu'aurait pu également dire Lilian Arlen: « Tout individu devrait connaître le fonctionnement de son corps, la manière la plus adéquate de l'utiliser.   Se connaître et savoir s'utiliser, n'est-ce pas la base fondamentale de toute éducation ? ».

La troisième rencontre s'est passée en Inde, puis ensuite régulièrement en Europe, auprès du Docteur Mukund Bhole. Le Dr. Bhole, après ses études médicales universitaires, a travaillé au laboratoire de Lonavla, près de Pune, pour étudier de façon scientifique les effets du yoga. Il a mis au point un protocole de yogathérapie. Son travail porte sur la prise de conscience des mouvements respiratoires, de leurs éventuelles perturbations et sur la façon d'y remédier dans un esprit de lâcher-prise. Il m'a fait comprendre un principe essentiel à l'enseignement de Lilian Arlen, à savoir que le corps ne peut se placer harmonieusement dans l'espace que s'il y a une prise de conscience de l'espace intérieur.

 

Ma façon de pratiquer et d'enseigner aujourd'hui la méthode de Lilian Arlen :

Les cours commencent en général par une relaxation pour prendre conscience des tensions du corps,   pour les relâcher , s'il y en a besoin, mais surtout pour se mettre dès le début du cours dans un état de témoin. Nous donnons sans arrêt des ordres à notre corps, il est bien d'apprendre à l'écouter. La relaxation ne fait pas que   reposer le corps mais elle ouvre les canaux d'énergie pour permettre à celle-ci de mieux circuler.

On peut rajouter à la relaxation un diagnostic précis des mouvements liés à la respiration : ceux-ci se font-ils sentir dans l'ensemble du corps ?

Le corps est travaillé par unités de coordination qui sont ensuite rassemblées pour travailler de façon globale. Les exercices peuvent avoir lieu au sol, à la barre, à l'espalier ou debout. L'on prend conscience en premier du « système droit », du système axial du tronc, pour ensuite travailler le système croisé qui permet les oppositions, les torsions, et donc le mouvement dans l'espace.

Une grande attention est portée au mouvement naturel de la marche qui est la base de tout mouvement coordonné.

Le cours peut se terminer par un moment d'assise pour faire l'expérience dans l'espace intérieur du corps des trajets d'énergie que les mouvements dans l'espace ont révélés.

 

La méthode Lilian Arlen
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